Les territoires ruraux dans la réforme des collectivités territoriales

Brigitte Giraud, Présidente du CELAVAR, s’est exprimée sur l’impact de la réforme des collectivités territoriales sur les territoires ruraux et ses enjeux pour le monde associatif du rural le 30 septembre 2010, à l’occasion d’ une Journée nationale d’information sur le thème « Réforme des collectivités territoriales : Quel avenir pour le partenariat pouvoirs publics / associations ? », organisée par la CPCA à l’Assemblée Nationale.

La réforme affectera-t-elle en particulier les territoires ruraux ?

Rappelant que les territoires ruraux sont déjà les grands absents des politiques publiques, Brigitte Giraud a expliqué que cette réforme, principalement orientée sur l’urbain, allait d’autant plus impacter les territoires ruraux que les collectivités rurales disposent de peu de marge de manoeuvre budgétaire. Et rendre de ce fait encore plus difficile l’action sur les enjeux forts des territoires ruraux, notamment la question de la pauvreté en milieu rural.

Que peuvent faire les associations rurales dans ce contexte ?

D’une part, l’enjeu pour les associations rurales, selon Brigitte Giraud, est de continuer à se manifester, en commençant par se recentrer sur leurs fondamentaux : faire société, s’organiser en mouvement citoyen pour animer la société civile, car aujourd’hui la question de la démocratie participative est écornée. Les conseils de développement vont en effet progressivement disparaître par les effets de la loi.

D’autre part, elle a rappelé combien la constitution de réseaux de citoyens organisés à l’échelle européenne était fondamentale pour le rural. Les politiques rurales se décident aujourd’hui pour une grande part à l’échelle européenne, et c’est là que se trouvent sans doute quelques marges de manoeuvre.

D’une manière générale, cette réforme nécessite d’apprendre à devenir force de proposition à des niveaux où les associations rurales se mobilisaient peu, tels que celui de l’intercommunalité.

Les conseillers territoriaux, est-ce une bonne mesure ?

Brigitte Giraud a exprimé des doutes quant à la capacité des futurs conseillers territoriaux, constamment entre le département et la région, à se nourrir de la proximité avec leur territoire. De même, elle estime que l’organisation actuelle est porteuse de sens pour avoir, à la région, une vision globale de l’aménagement du territoire, même s’il n’est pas toujours facile d’y porter les enjeux des territoires ruraux. On ne sait pas ce qui va advenir de cette vision dans la nouvelle organisation territoriale.

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