Solidarité B2B (Business to business)
La responsabilité sociale prend une place de plus en plus importante dans l’agenda des entreprises. La société exige des entreprises un rôle de plus en plus actif dans la cohésion sociale et territoriale, en réclamant de nouveaux engagements favorisant la construction d’une société plus durable. Les aides sociales, les fondations, le mécénat social, environnemental et culturel ont beaucoup contribué à ce développement. Toutefois, une nouvelle forme de solidarité se dessine dans l’horizon des entreprises et des entrepreneurs des territoires ruraux, face aux importants défis de développement durable de ces territoires : soutenir l’émergence de nouveaux entrepreneurs.
Le contresens apparent de cette idée est seulement cela, apparent. La question est suffisamment simple : les territoires sans dynamique d’entreprise importante n’ont pas de possibilité d’analyse critique, ce sont des territoires sans échelle. Des territoires sans échelle ont l’habitude d’héberger et de gérer des entreprises sans avenir. De plus en plus les entrepreneurs, surtout et en premier lieu ceux qui s’implantent en milieu rural, doivent prendre conscience de l’urgence d’assumer une position responsable et active dans la promotion de l’entrepreneuriat sur le territoire où ils s’insèrent. En effet, c’est bien la dynamique d’entreprise qui permet de lutter contre l’exode rural, d’attirer de nouvelles ressources, un nouveau capital humain apportant de nouvelles compétences et de nouvelles idées. Et ces éléments sont fondamentaux pour le développement d’un environnement créatif. C’est la dynamique entrepreneuriale qui crée de nouveaux marchés et fait grandir ceux déjà existants. C’est une réalité. Il n’est pas possible de continuer à assister à la prédominance d’une vision conservatrice qui valorise le secret du commerce / les pratiques discrétionnaires / l’opacité, qui fait preuve d’une vision isolée craignant la concurrence, car ce n’est pas l’existence de la concurrence qui ruine les entreprises, mais l’absence de celles-ci.
Les territoires et tous les acteurs qui y agissent - institutions publiques, entreprises, associations, écoles, et la population en général - ont besoin d’entreprises solidaires, qui accueillent, parrainent, partagent, enseignent et apprennent, avec les nouveaux protagonistes, jeunes et moins jeunes, porteurs d’une idée, d’un projet. À travers des stages, des partenariats de formation-action, de la coopération d’entreprise, des actions d’échange d’expériences, une politique de « portes ouvertes » se base sur une logique de réseaux. L’engagement d’une telle dynamique sur les territoires constitue notre principal défi, aujourd’hui plus que jamais.
David Marques
Esdime, Portugal




